• pont à Toulouse

EDITO

Chers amis,

La voix des femmes sera portée par le festival Rio Loco du 13 au 16 juin qui offre cette année toute sa programmation à des femmes artistes. Une occasion de parler des femmes et des chemins encore à parcourir pour que s’entende ici et ailleurs la singularité de la parole des femmes, jeunes et moins jeunes, à propos de notre monde.

Une occasion aussi de revenir sur les initiatives françaises notamment de faire entrer la parité dans les mots et dans les textes pour l’imposer au plus grand nombre par les instances politiques au sens général du terme, c’est-à-dire en lien avec l’administration des citoyen.ne.s. Par l’écriture inclusive, qui a récemment fait polémique, c’est l’introduction de la prise en compte systématique du genre féminin dans nos échanges et écrits scolaires qui semble perturber. De fait, il s’agirait de penser plus globalement et d’interpeler précisément des personnes désignées par les mots. Pour faire des textes officiels des textes s’adressant à toutes et à tous, quoi de surprenant ? Quand on s’adresse à de jeunes lecteurs apprenant dans leurs livres scolaires les bases de l’instruction publique, les connaissances jugées fondamentales à la vie dans notre société contemporaine gardant des traces de notre histoire, en quoi peut-il être perturbant d’opter pour l’écriture inclusive ? Que de jeunes filles prennent connaissance de la vie et des actes menés par des femmes au côté de leur mari ou devant —comme Marie Skłodowska toujours présentée sous le patronyme de son époux, Pierre Curie— peut, avec le temps, les amener à envisager des possibilités insoupçonnées. De même, ces réhabilitations peuvent introduire dans l’esprit de jeunes garçons l’idée que leur avenir est à construire et qu’il ne s’agit pas tant de prendre une place dans la société mais plutôt de la créer, de la réinventer.

La prise en compte des femmes dans la société française est un fait. Des territoires professionnels ont été conquis de haute lutte, certains ne sont pas encore acquis et sont battus en brèche régulièrement. Il faut à chaque fois que ce soient des voix de femmes fortes ou des injustices répétées qui fassent réagir le plus grand nombre de personnes —hommes ou femmes— ne voyant aucun problème à ne pas les considérer le reste du temps. Il est vrai que rester dans l’ombre depuis tellement de générations ne donne pas l’opportunité de penser à soi et donc de revendiquer le droit aux mêmes rêves pour toutes et tous. Tant de chemins ont été parcourus que nombreuses sont celles ressentant une satisfaction ont tendance à penser « ce n’est pas si mal » et finalement se contentent de tout petits pas. Si l’écriture inclusive peut faire penser systématiquement à la gente féminine ne serait-ce que le temps de la lecture d’un texte, alors pourquoi pas ?

Force est de constater que la femme est à l’honneur dans les médias. Par exemple, la Coupe du monde du football féminin qui se déroule en ce moment en France offre aux journalistes l’occasion de proposer des émissions sur le sport et les femmes et de mettre en lumière celles grâce à qui nous en sommes là. Peut-être serait-il judicieux de ne pas attendre chaque année la journée internationale des droits des femmes pour se rappeler qui elles sont, ni espérer un scandale pour qu’elles occupent le devant de la scène médiatique ; nous avons encore du chemin à parcourir.

Nathalie Spanghero-Gaillard – présidente
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