• pont à Toulouse

EDITO

Chers amis,

 

Les 21-22-23 septembre prochains, c’est la fête de la gastronomie partout en France. Il est vrai que nous aimons parler de ce que nous mangeons, y compris lorsque nous mangeons ! Même si la cuisine rapide séduit de plus en plus de Français.e.s pris.e.s dans le tourbillon du quotidien, recevoir autour d’un repas ou sortir au restaurant reste pour nous une façon de nous détendre et de faire plaisir à nos invités. A travers nos plats, plus ou moins réussis, c’est notre amitié, notre amour, le plaisir d’être réunis que nous exprimons. En plus, nous pensons que manger est important pour que la mémoire de nos ancien.ne.s perdure à travers les recettes qui se communiquent de génération en génération, pour prendre le temps de déguster et de discuter, de suggérer telle ou telle amélioration du plat qui deviendra une nouvelle spécialité de la maison. Aborder l’histoire d’un peuple par sa manière de manger et par ce qu’il mange, c’est pénétrer dans son intimité et c’est revisiter l’histoire des gens, des plus simples aux plus puissants.

Un exemple illustre cela, l’histoire du gâteau le fenetra (à prononcer fénétra), une spécialité toulousaine. Ce gâteau à base d’amandes et de citron confit est un dessert très ancien. On le cuisinait pour les repas de la fête d’origine gallo-romaine, la Férétralia. Cette fête issue des fêtes annuelles célébrant les défunts, la Feralia, désigne particulièrement le dernier jour, le jour des Morts. Le mot est certainement en rapport avec inferi (ceux d’en bas, qui a donné le mot enfers) à moins que son étymologie soit liée à Feretrum (litière sur laquelle on portait les morts, mot en roman et en langue d’oc). Ce jour-là, une grande procession acheminait les Toulousains jusqu’à la nécropole (l’actuel quartier Saint-Roch près des nouveaux locaux de l’Alliance Française de Toulouse) ; cette procession était suivie d’un repas partagé par la famille qui se terminait par le fénétra.

Ce gâteau est composé d’un fond de tarte de pâte sablée recouverte d’un subtil mélange d’amandes, d’abricots et de citron confit.

Symbolisant le regroupement de la famille, ce dessert s’invite dans les repas du dimanche. Mais la tradition se perd pendant l’entre-deux-guerres. Bien que réinstaurée dans les années 1960, il est difficile de le trouver dans les pâtisseries toulousaines encore de nos jours. Cependant, comme tout est occasion de faire la fête, en 1963, la municipalité de Toulouse accepte que soit redonné vie aux fêtes traditionnelles du Fénétra qui avec le temps avaient évolué en un défilé dans les rues de la ville. Vous pourrez ainsi désormais assister aux fêtes traditionnelles du Grand Fénétra, un festival de danse et de musique traditionnelle très populaire, le dernier week-end de juin ou le premier de juillet, selon les années.

Nathalie SPANGHERO-GAILLARD
Présidente