Que sont-ils devenus ?… Carlos Eduardo

Carlos Eduardo Chaque mois, nous vous donnons des nouvelles d’un ancien étudiant. Ce mois-ci, il s’agit de Carlos Eduardo. Originaire du Brésil, il a étudié le français dans notre école en cours intensif, en 2014. Aujourd’hui, il vit en France, à Toulouse.
  • Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Carlos Eduardo Peres et je suis né à Sao Paulo, au Brésil.
  • Pourquoi êtes-vous venu en France ?
En 2014, je suis venu à Toulouse pour rendre visite à un ami brésilien, qui avait épousé une Toulousaine et qui vivait ici depuis 10 ans. À ce moment-là, ma famille et moi avions déjà le désir de quitter le Brésil, en raison de la crise grandissante que traversait le pays (économique, politique et de sécurité publique). J’ai passé 20 jours de vacances ici et j’étais complètement amoureux de la Ville rose, au point de rentrer au Brésil déterminé à tout vendre et à déménager à Toulouse. Et c’est ce que nous avons fait – en moins de 6 mois nous nous étions déjà débarrassés de tout ce que nous avions au Brésil et nous habitions déjà à Toulouse, ma femme, mon fils (de 10 ans), nos 6 chats et moi. Au début, tout le monde autour de moi a dit que c’était fou de faire ça, mais c’était la meilleure folie que nous ayons jamais faite, le seul regret que nous avons est que nous ne l’ayons pas fait auparavant. Nous sommes absolument heureux d’être ici, et avons l’intention de rester ici pour toujours.
  • Racontez en quelques lignes votre premier contact avec la France (après l’aéroport…)
Mon premier contact était, pour ainsi dire, assez bucolique. J’ai quitté le Brésil en été, quand il faisait très chaud et ensoleillé et j’ai atterri à Toulouse en hiver, quand il faisait froid et pluvieux. En venant de Sao Paulo, l’une des plus grandes métropoles du monde avec ses 15 millions d’habitants, marcher à Toulouse m’a donné l’impression d’être à la campagne. D’ailleurs, les Toulousains m’ont fait changer d’avis sur les Français. On entend toujours dire que les Français sont fermés, parfois mal élevés, et ce que j’ai trouvé ici ne pouvait pas être plus différent : tous les Toulousains avec qui j’étais en contact étaient absolument sympathiques, j’ai été extrêmement bien traité dans tous les établissements que je fréquentais et même si je ne parlais pas français à l’époque, tout le monde faisait des efforts pour communiquer avec moi. Je pense aussi que ce qui m’a beaucoup aidé était le fait d’être brésilien. J’ai découvert que les Français aiment le Brésil et les Brésiliens. Je me sentais chez moi à Toulouse.
  • Quel est le premier mot que vous avez appris ? Quelles expressions vous ont amusé(e) ?
C’est une question à laquelle il est difficile de répondre, car le portugais parlé au Brésil est plein de gallicismes grâce à la forte présence française dans notre pays depuis le 16ème siècle. Alors parfois, même sans le savoir, nous utilisons dans la vie quotidienne brésilienne plusieurs mots d’origine française. Certains sont présentés dans leur forme originale, par exemple: champignon, chantilly, croissant, menu, boutique, lingerie, vitrine, souvenir, avalanche, déjà-vu, madame, reprise, revanche et réveillon. Et d’autres ont subi des processus de transformation en mots qui sont un mélange de portugais et de français, tels que: bufê (buffet), champanhe (champagne), maionese (mayonnaise), bijuteria (bijouterie), maiô (maillot), abajur (abat-jour), toalete (toilette), chofer (chauffeur) et chefe (chef). Quant à l’expression qui m’a amusé, c’est plutôt un chant qu’une expression, et je l’ai entendu pour la première fois au Stadium lors d’un match du TFC : “QUI NE SAUTE PAS N’EST PAS TOULOUSAIN !!!”
  • Avez-vous vous une anecdote amusante à partager ?
Lors d’un cours, bien au début de mes études en France, nous devions lire un texte devant la classe. Moi, un peu inquiet de devoir parler en public, j’ai commencé à lire un texte sur Jose Cabanis, illustre romancier, essayiste et magistrat toulousain. Pendant la lecture, à cause du stress, je me suis trompé et au lieu de dire José Cabanis j’ai prononcé José Cannabis… J’ai réalisé l’erreur parce que toute la classe a éclaté de rire.
  • Aujourd’hui, qu’êtes-vous devenu ? et conservez-vous des liens avec la langue française, la France ou des Français ?
Aujourd’hui, trois ans plus tard, nous sommes complètement adaptés au mode de vie français et, surtout, au mode de vie toulousain. Mon fils s’est fait beaucoup d’amis, il a beaucoup plus de liberté qu’à Sao Paulo et parle français comme s’il était né ici, sans accent (sauf l’accent du sud, bien sûr ). Ma femme et moi sommes encore en train de nous améliorer en français… Mais quoi qu’il en soit, malgré tout ce que nous avons laissé derrière: la famille, les amis et la nourriture brésilienne, nous nous sentons chez nous ici.

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